Silence… Ça tourne !

« Ce n’est pas parce que c’est un succès qu’un film est bon et ce n’est pas parce qu’un film est bon que c’est un succès», William Goldman.

Le « septième art », plus communément appelé cinéma, est en plein centre des relations franco-italiennes et plus particulièrement des échanges culturels. La France et l’Italie , ces deux sœurs latines , ont depuis toujours été les vitrines de succès cinématographiques. Qui ne connaît pas en France la période « Nouvelle Vague » ? Mais si , souvenez-vous de ces années 1960 ! C’est d’ailleurs à cette époque qu’apparaît pour la première fois ce terme,  sous la dictée de Françoise Giroud dans L’Express en 1957. Un plus tard, le terme sera repris par Pierre Billard dans la revue Cinéma 58. Au même moment, du côté transalpin, naissait sur les décombres de la seconde guerre mondiale et d’un fascisme ravageur le Néoréalisme. La France et l’Italie entraient dans la légende, celle du Cinéma. A bout de souffle de Jean-Luc Godard, Le dernier métro de François Truffaut , I ladri di biciclette de Vittorio De Sica ou bien Amarcord de Federico Fellini seraient désormais des références absolues.

En 1982 avec la création du sommet annuel franco-italien , mis en place par le président François Mitterrand, les échanges culturels entre les deux pays ne se font que plus fréquents. Ainsi, la culture devient un véritable pont entre les deux frontières et permet une circulation cinématographique toujours plus dense . Si l’Italie met à l’honneur le cinéma français par le biais de festivals (comme Rendez-vous, un festival organisé par la fondation italienne Nuovi Mecenati où chaque année à Rome une sélection de films français est présentée), la France ne perd pas de sa courtoisie ! Le cinéma italien est donc convié chaque année à séjourner en France. De nombreux festivals cinématographiques sont organisés dans tout l’hexagone afin de (re)dorer l’écusson du « septième art » italien . Ces festivals sont présents dans les villes où la population italienne est importante comme Paris, Nice, Toulouse, Montpellier. Mais c’est le festival du film italien d’Annecy qui requiert une attention toute particulière. Ce festival crée en 1983 sous l’impulsion de Pierre Todeschini est la deuxième plus grande manifestation de cinéma italien en France, avec Villerupt. Le festival d’Annecy connaît un succès immédiat, sûrement du à son délégué artistique qui n’est autre que Jean Antoine Gili, critique cinématographique, historien du cinéma et spécialiste du cinéma transalpin.

Le festival d’Annecy se déroulant en octobre, a soufflé cette année sa 30ème bougie et décerne chaque année le prix d’Annecy cinéma italien, le prix spécial du jury, les prix d’interprétation masculine et féminine. Sans oublier le prix du public (décerné par la ville d’Annecy) et le prix CICAE (prix de la Confédération internationale des salles art et essai).

En outre, cette année, le festival du film italien d’Annecy a décidé de décerner le Prix honorifique Sergio Leone pour l’ensemble de son œuvre, au cinéaste Daniele Vicari. Ce jeune cinéaste a bel et bien su se faire un nom sur la scène italienne. En 2002 il participe et concourt pour la 59ème Mostra internazionale d’arte cinematografica di Venezia avec son film « Velocità massima ». Plus tard, en 2005 Daniele Vicari prend la destination de Cannes, en passant en 2012 par le festival de Berlin, pour finalement s’arrêter à Annecy afin d’y être récompensé. A Berlin il gagnait déjà le Prix du public grâce au film « Diaz- Don’t clean up this blood ».

Pour finir, à l’occasion de son 30ème anniversaire, le festival a rendu hommage à Luchino Visconti, l’un des grands maîtres du cinéma italien : expositions et projections du cinéaste étaient au rendez-vous.

Pour conclure, le festival du film italien d’Annecy est, comme le définissait Jack Lang en 1989, certes une rencontre annuelle regroupant les plus grands artistes de ce « nouveau » cinéma italien, mais également un lien permettant de ne « jamais perdre confiance en la vitalité de ce cinéma (..) » Si ce festival regroupe environ 20000 spectateurs sur 8 jours il serait peut-être judicieux pour vous chers lecteurs , d’y prêter attention et de faire un tour, non pas du côté de chez Swann mais du côté du cinéma Décavision à Annecy !

A vos moteurs…Action !