Un rouleau à pâtisserie, une table pleine de pâte et de farine, une casserole de sauce tomates qui bout, un mari qui crie devant un match de foot et des enfants qui courent partout dans la maison … Vous visualisez la scène ? Vous me direz cliché ! Je vous répondrai oui bien évidemment, mais pourtant représentatif d’une époque. Gardez donc cette image en mémoire car aujourd’hui la « mamma » dépose son tablier.

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Les italiens ont longtemps considéré la femme comme une réponse à tous leurs besoins, des plus physiques aux plus pratiques. Mais peu à peu la femme italienne a su s’imposer et a su évoluer avec la société. Dans les années 1960-1970 , le mai 68 français exporte une vague révolutionnaire remettant en cause tous les schémas habituels. En Italie, le cadre familial très hiérarchisé et patriarcal est alors complètement renversé.

Avec le boom économique, l’Italie rencontre une nouvelle culture celle du Made in Usa. La télévision fait son apparition dans les foyers et la femme aspirera ainsi à de nouveaux besoins. Parallèlement à la télévision, le cinéma italien diffusera aussi une certaine image de la femme, plus indépendante et libertine.

Dans le film La dolce vita de Federico Fellini, Anita Ekberg renvoie l’image d’une femme fatale plantureuse qui vient perturber le quotidien d’un bourgeois romain. D’autres films comme Il magnifico cornuto d’Antonio Pietrangeli, Pane, amore e fantasia de Luigi Comencini font de leurs actrices de véritables égéries féminines. Gina Lollobrigida puis Sophia Loren, deviennent des « sex-symboles » et abolissent l’image d’une femme italienne « soumise » qui ne peut songer à une évolution professionnelle. Claudia Cardinale quant à elle, incarnera le fantasme de tout homme normalement constitué, faisant de la femme italienne un symbole du plaisir et du désir.

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Plus récemment, Monica Bellucci, a su véhiculer l’image d’une femme fatale, une femme italienne accomplie aussi bien professionnellement que sentimentalement, gérant sa carrière professionnelle et son rôle de mère à la maison.

Le cinéma aura indirectement participé à ce changement de mentalités, faisant de la « mamma » une mère, une épouse et, à juste titre, une femme active.

Aujourd’hui, la crise économique italienne a imposé certaines restrictions, instaurant une certaine rigueur. Les modes de vie ont donc changé, tout comme le rôle de la femme à l’intérieur de la société. En effet, le taux de fécondité italien est en baisse suite à un manque d’infrastructure conséquent, et des aides sociales qui n’aident en aucun cas une jeune mère entrant sur le marché du travail avec un contrat précaire. L’augmentation des divorces a par ailleurs dé-sacrifié le mariage, qui n’est plus le rêve absolu de la femme italienne.

 

Moins fécondes, plus actives, les femmes italiennes s’affirment face aux inégalités qui touchent leur pays. En février elles étaient plus d’un million à manifester contre le manque de crèches, les faibles allocations familiales, et les emplois partiels. La « mamma » revendique ses droits, s’exprime et manifeste.

Selon une enquête menée au coeur de la capitale, il semblerait que le Vatican joue un rôle négatif quant à l’évolution de la femme au sein de la société italienne. Traditionaliste, le Vatican aurait pour stratégie de « maintenir les femmes à la maison et à renforcer sa place inférieure ». C’est pourquoi, des milliers de féministes italiennes manifestent de plus en plus contre ce traditionalisme qui les place au second plan social, économique et même politique.

Une autre revendication féministe est celle causée par les médias et plus particulièrement celle de la « velina ». Apparue en 1994-1995, la « velina » est une femme objet, une showgirl de la télévision italienne. Peu utile artistiquement et professionnellement, elle alimente la plupart des programmes télévisés italiens pour le plaisir des ritals.  La remise en cause de la « velina » jugée comme « dépravante » pour certaines, est bien la preuve que la femme italienne veut être l’égale de l’homme et bien que sexy, elle ne veut pas être juste du plastique. En 2011 en Italie, une manifestation avait pris des tournures politiques et « politisantes » contre Silvio Berlusconi. L’initiative avait été lancée par le mouvement « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? », dénonçant « la représentation indécente et répétée de la femme comme objet nu de commerce sexuel dans les journaux, à la télévision et la publicité ».

Alors qu’en est-il de la femme italienne en 2013 ? 

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Selon Alba Parietti, présentatrice de télévision italienne le changement est net bien que des progrès restent à faire. La femme active italienne ramène un second salaire, s’occupe de sa carrière comme de sa maison, et c ‘est d’ailleurs pour cette raison que son rôle de « casalinga » (femme au foyer ndlr) lui collera toujours à la peau. « Voi uomini vi siete abituati bene, prima c’era un solo stipendio in famiglia, quando la donna faceva quasi sempre la casalinga, ora ne arrivano due, e la donna continua a fare anche la casalinga ».