Les messages alertant les membres de Facebook de son passage imminent à un modèle payant fleurissent sur le réseau social. Il s’agit bien entendu de fausses rumeurs.

C’est tous les ans le même manège. Le serpent de mer du Facebook payant refait surface à la faveur d’une chaîne de messages alertant les utilisateurs du réseau social de son passage imminent d’un modèle gratuit à une facturation de 5,99 euros par mois. L’information se répand comme une traînée de poudre au fil des partages des membres du site et jamais un communiqué officiel ou une citation attribuée à l’entreprise n’est citée pour justifier l’annonce, qui aurait pourtant eu tôt fait de s’imposer à l’avant-scène médiatique.

Depuis quelques jours, ce type de message fleurit à nouveau sur le plus grand réseau social de la planète. Un exemple : « Maintenant c’est officiel. C’est paru dans les médias et sur TF1 Facebook vient de sortir son prix d’entrée; 5€99 pour garder l’abonnement Gold de votre statut de vie « privée ». Si vous collez ce message sur votre page,il vous sera offert gratuitement( j’ai dit coller pas partager) sinon demain, toutes vos publications peuvent devenir publiques. Mêmes les messages qui ont été supprimés,où les photos non autorisés. Apres tout,cela ne coûte rien pour un simple copier/coller »

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La question des droits d’auteur

D’autres variantes sont régulièrement relayées sur le réseau social. Vous avez sans doute aperçu des amis réaffirmer leurs droits d’auteur avec avec des arguments à l’aspect juridique invoquant le Statut de Rome et l’Uniform Commercial Code.

« En raison du fait que Facebook a choisi d’impliquer un logiciel qui permettra le vol de mes renseignements personnels, je déclare ce qui suit : À cette date du Dimanche 20 septembre 2015, en réponse aux nouvelles lignes directrices de Facebook et en vertu des articles L.111, 112 et 113 du code de la propriété intellectuelle, je déclare que mes droits sont attachés à toutes mes données personnelles, dessins, peintures, photos, textes etc… publiées sur mon profil. Pour une utilisation commerciale de ce qui précède mon consentement écrit est nécessaire en tout temps… ».

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Facebook restera gratuit pour ses utilisateurs

Il s’agit bien entendu de fausses rumeurs. En 2012, déjà, Slate rappelait que le statut de Rome et l’UCC sont deux textes qui n’ont « strictement rien à voir avec la vie privée, les données personnelles, la propriété intellectuelle ou les réseaux sociaux ». Le Statut de Rome régit les règles de fonctionnement de la Cour pénale internationale, tandis que l’UCC est un ensemble de textes législatifs américain visant à harmoniser les lois commerciales des différents États du pays.

Comme l’explique le site lui-même dans ses questions les plus fréquemment posées, Facebook est gratuit et le restera jusqu’à nouvel ordre. Le réseau social fonde son modèle économique sur un vaste écosystème qui comprend notamment la monétisation des données de son milliard et demi d’utilisateurs, les services qui lui appartiennent (Instagram, WhatsApp) et la publicité proposée par les marques.

Comment repérer les « hoax »

Face à au nombre élevé de fausses informations circulant sur sa plateforme, Facebook avait répondu fin septembre aux interrogations de ses membres en se fendant d’un bref communiqué renvoyant au message en forme de manifeste inscrit sur sa page d’accueil. « Il y a probablement de l’eau sur Mars, mais ne croyez pas tout ce que vous lisez sur Internet. Facebook est gratuit et le restera toujours. »

Les hoax et les canulars existent depuis les débuts d’Internet. Ils s’agit généralement de textes et de pétitions appelant explicitement au partage. Ils se font l’écho de situations choquantes ou révoltantes pour encourager les utilisateurs à les relayer. En général, un simple copier-coller des premiers termes sur Google permet d’être fixé sur leur nature.