Créé en 1992, le “short messaging system” résiste malgré la concurrence grandissante des Whatsapp, Messenger et autres iMessage.

25 ans. Le 3 décembre 1992, les ingénieurs de Sema Group envoyaient le premier SMS de l’histoire. Le premier acte d’une révolution qui a bouleversé l’usage des téléphones et le métier des opérateurs. A l’époque saisi sur un ordinateur, faute de clavier satisfaisant sur les téléphones, le message tenait en 17 caractères : “Merry Christmas” et devait être destiné à un usage interne. Il était en effet envoyé à un client de la société, l’opérateur Vodafone.

Au début du projet, ces courts messages devaient servir aux dirigeants de Vodafone pour communiquer avec leurs employés. C’est seulement en 1999 que le Short Messaging System, plus connu sous le nom de SMS, commence à se faire connaître auprès des clients de l’opérateur qui se met alors à le proposer. A son lancement, le système est loin de convaincre. Le plupart des utilisateurs peinent à y trouver un intérêt alors qu’ils peuvent déjà téléphoner facilement grâce au développement des téléphones portables. D’autant que Vodafone facture ses SMS à l’unité et ne permet de les envoyer qu’à des personnes également titulaires d’un forfait Vodafone.

C’est dans les années 2000, lorsque tous les opérateurs se mettent à le proposer que le SMS prend réellement son envol. A tel point, qu’il devient un mode de communication à part entière et devient un véritable outil marketing symbolisé par les petites bulles reçues et envoyées par des millions d’utilisateurs à travers le monde. Avec seulement 160 caractères par message, le SMS entraîne également des bouleversements dans la façon de communiquer. Alors que les messages sont majoritairement facturés à l’unité, il oblige à couper certains mots ou à utiliser des abréviations. C’est l’explosion du “langage SMS”.

Mais depuis quelques années, après l’explosion du SMS, la tendance s’inverse et le nombre de messages envoyés commence à diminuer. Pour la première fois, le nombre de SMS envoyés lors du nouvel an 2016 ont baissé. Et pour cause, le SMS doit faire face à la montée en puissance des applications de messageries instantanées. Facebook Messenger, WhatsApp et même iMessage sont de plus en plus utilisées par les possesseurs de smartphones. Elles ont en effet de nombreux avantages. Elles permettent d’abord d’envoyer des messages plus complets avec des photos, des vidéos, des liens ou des pièces jointes.

Alors pour éviter que le SMS ne soit complètement dépassé, Google travaille depuis 2008 à son successeur, le RCS. Plus poussé que le SMS, il permet notamment d’envoyer des textes, documents ou images et de passer des appels vocaux et vidéos sans limite de taille, en haute résolution. Surtout, il permet également de créer des discussions de groupe et d’envoyer des documents interactifs directement dans un message. Des billets de train ou des réservations de restaurant avec une localisation Google Maps pourraient par exemple être envoyés. Cette technologie intéresse donc tout particulièrement les annonceurs et les entreprises qui souhaitent l’utiliser à des fins commerciales.