Des comédiens blancs auraient été maquillés afin d’uniformiser des scènes dans lesquelles jouaient des acteurs originaires d’Afrique ou d’Asie. Le projet « Aladdin » n’en est pas à sa première polémique sur la question des origines des acteurs sélectionnés.

Aladdin va renaître sous la forme d’un « live-action movie », soit un film avec de vrais acteurs à la place des personnages animés, sur le modèle du récent remake de La Belle et la Bête avec Emma Watson.

Lors du tournage de ce film, Kaushal Odedra, un figurant, a remarqué qu’une vingtaine de comédiens étaient maquillés pour apparaître arabes (d’où le néologisme anglo-saxon « brownface », dérivé de « blackface »). Auprès de nos confrères de la BBC, il explique : « Aladdin était l’occasion parfaite pour faire preuve de diversité, mais ils semblent avoir perdu pied sur la question ».

Disney s’est rapidement emparé de la question pour répondre à la polémique. « Nous avons pris le plus grand soin de composer l’une des distributions les plus diverses jamais vues à l’écran », a déclaré un porte-parole.

Et de poursuivre : « La diversité de la distribution et leurs origines étaient autant de critères de sélection, nous avons seulement utilisé le maquillage pour certaines personnes qui avaient des compétences très particulières – pour des cascades ou le soin de certains animaux – afin qu’ils se fondent dans le décor. »

L’acteur Kal Penn (Dr House, How I Met Your Mother) n’a pas apprécié cet aveu de la production. Sur son compte Twitter, il dénonce : « J’adore Disney. Mais quand un porte-parole explique qu’il faut faire des ‘brownface’ à une centaine de personnes en 2018 parce qu’il n’y a pas assez de gens qualifiés parmi nous, c’est des conneries. Quelqu’un n’a tout simplement pas voulu mettre la main au porte-monnaie pour faire les choses correctement ».

Mille et une polémiques

Le tournage d’Aladdin a déjà été marqué par de précédentes accusations de « white-washing »(lorsque des acteurs blancs incarnent des personnages d’une autre ethnie). L’acteur britannique Tom Hardy avait été pressenti pour incarner le cruel vizir Jafar avant d’être finalement incarné par Marwan Kenzari, un acteur néerlandais d’origine tunisienne.

Autre polémique concernant le casting du film : l’ajout du personnage blanc du prince Anders, qui sera joué par l’acteur américain Billy Magnussen. Un personnage qualifié « d’inutile et d’offensant » puisqu’il n’apparaît pas dans le conte originel ou le film d’animation.

Disney semblait avoir en plus une notion assez large du Moyen-Orient. L’actrice et chanteuse britannique d’origine indienne Naomi Scott jouera la princesse Jasmine. Ce choix a soulevé quelques interrogations sur les réseaux sociaux : « Si je lis encore une fois que Naomi Scott était le meilleur choix parce qu’aucune Arabe ne chante et ne joue aussi bien qu’elle, je vais vous inonder des noms de celles qui peuvent mieux faire », s’agaçait une internaute.

Le conte n’en est pas à sa première réinterprétation

Le Canadien d’origine égyptienne Mena Massoud jouera le héros Aladdin et l’Iranien-Américain Navid Negahban sera le Sultan. Des ascendances plus proches du conte arabo-perse Aladin ou la Lampe merveilleuse. Il faut cependant noter que le royaume d’Aladdin, Agrabah dans le film de Disney, est fictionnel et que par nature il pourrait supporter certaines souplesses sur ces questions.

Après tout le conte originel, tel que traduit au XVIIIème siècle par Antoine Galland, raconte que le jeune Aladdin est originaire d’une ville de Chine. Et ses aventures l’amènent à rencontrer un sorcier africain. Un Orient déjà très large et façonné par les voyages. Aladdin, comme légende, pourrait donc ne pas en être à sa première réinterprétation.