Cette mini-série de braquage à l’espagnol est un véritable phénomène international. Intrigue captivante, personnages attachants et thématiques féministes sont au programme de ce thriller haletant.

C’est le phénomène international que l’on n’attendait pas. La Casa de Papel, série espagnole d’abord diffusée sur Antena 3 dans son pays d’origine, a braqué les comptes Netflix du monde entier dès le 25 décembre dernier, jour de la diffusion de la première partie de cette mini-série créée par Álex Pina. La seconde partie est disponible depuis le 6 avril dernier et met un point final à ce thriller où l’amour et l’amitié ne sont jamais très loin.

Si vous n’avez jamais entendu parler de La Casa de Papel, c’est peut-être que vous sortez tout juste d’une cure de déconnexion des réseaux sociaux, ou que vous avez déserté les soirées entre potes et les pauses entre collègues. Cette série est pourtant sur le bout de toutes les lèvres comme de tous les claviers, et il est difficile d’y échapper.

Pour les retardataires donc, La Casa de Papel raconte l’histoire du plus grand braquage du monde, orchestré par « Le Professeur » dans la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre de Madrid. Ce dernier donne les ordres à distance tandis que huit personnes (toutes nommées d’après un nom de ville) les exécutent, aidées de 67 otages.

1. Tokyo, Nairobi, Raquel : trois personnages féminins héroïques

Si le gang du Professeur est loin d’être paritaire (deux femmes contre 4 hommes), les personnages féminins sont loin d’être laissés de côté. Tokyo, interprétée par l’actrice espagnole Úrsula Corberó, est la narratrice de la série. C’est elle qui guide les téléspectateurs et téléspectatrices dans le déroulement du braquage, dont elle connait l’issue.

Impulsive, passionnée et tête brûlée, Tokyo est un personnage que les uns détestent tandis que les autres adorent. Forte, n’ayant rien à perdre, cette tireuse aux airs de Natalie Portman dans le film Léon n’hésite jamais devant l’adversité, quitte à mettre sa vie en danger pour ses désirs de liberté ?

7792976265_alba-flores-joue-nairobi-dans-la-casa-de-papel-sur-netlifx.jpg

À ses côtés, Nairobi (Alba Flores) incarne l’ordre et le sérieux. En charge de faire tourner les rotatives de la Fabrique de la monnaie pour empocher un pactole d’au moins 2 milliards d’euros, ce personnage attachant ne manque pas d’humour et de bonne humeur qu’elle répand auprès des otages dont elle assure la supervision.

Derrière les murs de la Fabrique, c’est encore une femme qui tient la vedette. Raquel Murillo (Itziar Ituño) est l’inspectrice en charge du braquage. On comprend au fur et à mesure de la série que cette mère d’une petite fille n’a pas toujours eu la vie facile dans ce métier où les hommes aiment lui rappeler qu’elle n’est qu’une femme.

Alors que la vie personnelle de Raquel Murillo ne tient plus qu’à un fil, sa détermination à résoudre cette affaire fait cependant d’elle une femme forte… qui doit à la fois déjouer le plan du Professeur et se battre en interne contre des hommes qui sont prêts à tout pour prendre sa place.

7792977416_itziar-itu-o-interprete-raquel-murillo-dans-la-casa-de-papel.jpg

2. Les violences conjugales abordées frontalement

Malgré son intelligence, sa position haute dans la hiérarchie de la police, Raquel Murillo est une femme victime de violences conjugales. Son cas n’est pas un secret, il a été révélé à la presse et son ex-mari, auteur des violences, travaille lui aussi pour la police dans le secteur scientifique.

En étant victime de violences conjugales, Raquel Murillo apparaît alors aux yeux du Professeur comme un personnage fragile. De notre côté, on salue la juste représentation de ce fléau qui touchent de nombreuses femmes dans le monde. La Casa de Papel montre en effet qu’une femme éduquée, intelligente, en position de pouvoir dans sa profession peut elle aussi vivre l’enfer de la violence conjugale.

7792977640_tokyo-se-defend-et-attaque-le-patriarcat.png

3. La critique du patriarcat

Avec le personnage de Raquel Murillo, la critique du patriarcat ne se fait pas frontalement. C’est aux téléspectateurs et téléspectatrices qu’il convient de s’indigner contre le traitement qu’elle subit de la part de ses collègues masculins, de la presse qui la juge trop préoccupée ou fragile par sa vie personnelle pour faire son travail correctement.

Dans la Fabrique en revanche, la lutte contre la domination masculine est dénoncée par les personnages eux-mêmes. Nairobi ne supporte pas le comportement de Berlin, le bras droit du Professeur, le commandant de l’opération dans ce huis clos oppressant. Alors que Tokyo n’a pas réussi à s’imposer face à lui, Nairobi utilise sa force de persuasion pour imposer son « matriarcat » et prendre en main son propre destin.

Peu importe si elle réussit ou non à perdurer dans cette voie, l’important est que La Casa de Papel montre que les femmes fortes et rebelles, qui s’indignent contre la supériorité des hommes, méritent d’exister dans l’histoire du petit écran.