L’un des DJ électro le plus connu de la scène sud-africaine a présenté son projet Gongbox en marge du Midem à Cannes.

Black Coffee est le DJ sud-africaine qui anime les nuits d’Ibiza, Los Angeles, Barcelone ou Miami. À 42 ans, il est aussi producteur et businessman. Il a créé Soulistic Music, une société de production et une agence, pour se produire lui-même mais aussi Da Capo, Enoo Napa, Langa Mavuso, Una Rams… Présent au Marché internatinal de l’édition musicale à Cannes (Midem), Black Coffee, de son vrai nom Nkosinathi Innocent Maphumulo, a annoncé, mercredi 6 juin, son intention de lancer dans les deux mois une plate-forme musicale baptisée GongBox.

GongBox proposera à la fois de la musique mais aussi des contenus variés comme des vidéos, des documentaires, des reportages sur les coulisses des concerts d’artistes. Il y aura possibilité de s’abonner ou encore du prépayer des contenus. C’est un modèle économique est très répandu sur le continent Africain. Actuellement, il est en négociations avec la compagnie de télécommunications sud-africaine MTN. La structure des plates-formes est totalement nouvelle. Les artistes indépendants, qui ont leur propre label, ne seront pas obligés de passer par une major de disque pour aller sur Gongbox. Pour les artistes, ce système sera beaucoup plus intéressant puisqu’il y a moins d’intermédiaires. Malgré une présentation simpliste, ce projet a déjà échoué une première fois.

C’est dans une volonté d’indépendance que Black Coffee a crée cette plateforme. Selon lui « Depuis des décennies, l’Afrique a été victime de colonisations. Dans les affaires aussi. Des compagnies d’Amérique, d’Europe ne se sont installées en Afrique que pour pouvoir en profiter. Par le passé, nous avons eu toutes les majors du disques en Afrique du Sud : Universal Music, Sony, EMI… Elles n‘étaient jamais locales, elles s’installaient là avec l’intention de faire de l’argent et elles ont fait de l’argent. Beaucoup de nos artistes découverts par ces labels sont morts sans un centime devant eux, alors qu’ils étaient de grandes star. Ils ont connu des histoires terribles. Je ne dis pas que tout était une mauvaise chose, cela a créé une culture, un « business ». Mais l’Afrique aujourd’hui doit relocaliser et recréer son marché de la musique pour que ses artistes ne soient plus des victimes. Depuis que je fais de la musique, je n’ai jamais signé avec une major. J’ai uniquement un accord de licence et une joint-venture (société commune) avec Universal Music. Mon œuvre appartient à mon label, pour moi, il est essentiel que les artistes détiennent pour toujours leur propre musique. »

Le streaming n’est pas très développé, car sur le continent africain les téléphones et les datas coûtent encore extrêmement cher. Jusqu’à dix fois les tarifs appliqués en Europe. En Afrique, le problème vient du fait que l’on ne peut pas s’offrir le streaming juste pour écouter de la musique. Les plates-formes de streaming démarreront vraiment quand ces coûts baisseront. D’ici cinq à dix ans.