Le groupe de TV payante a vu sa base d’abonnés s’effriter en France métropolitaine au premier semestre, dans un contexte concurrentiel accru.

Le groupe de TV payante Canal+ a vu sa base d’abonnés s’effriter en France métropolitaine au premier semestre, dans un contexte concurrentiel accru qui l’a vu perdre d’importants droits sportifs.

D’après le communiqué de résultats publié par sa maison mère Vivendi jeudi, 4,792 millions d’abonnés avaient souscrit un contrat directement avec Canal+ en France au 30 juin, contre 4,989 millions un an auparavant. La télévision payante compte en revanche 135.000 abonnés supplémentaires via des opérateurs télécoms (3,130 millions au 30 juin, contre 2,995 millions il y a un an). « La France métropolitaine poursuit son redressement », assure néanmoins Vivendi dans son communiqué, en faisant référence à une baisse des résiliations de 19% au premier semestre 2018 par rapport à la même période en 2017.

Le chiffre d’affaire progresse légèrement. En France et à l’international, Canal+ compte désormais 16 millions d’abonnés en tout (y compris via des contrats d’opérateurs télécoms ou des abonnements collectifs d’entreprises), contre 14,6 millions à fin juin 2017. L’Afrique passe notamment de 2,713 millions à 3,775 millions d’abonnés en un an. Le chiffre d’affaires mondial de Canal+ progresse légèrement, de 0,8% au premier semestre, à 2,575 milliards d’euros. Mais il est « encore en léger recul » en France, a aussi indiqué Vivendi.

« Nous avons toujours le foot pour les deux années à venir ». Canal+ n’a pas accepté la flambée des prix des droits TV pour la période 2020-2024 (ils ont grimpé de 60% sur la période précédente pour au total dépasser le milliard d’euros) et se retrouve donc privé d’un atout historique. « Il est important de garder à l’esprit que nous avons toujours le foot pour les deux années à venir », a nuancé Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers.

Pas de changement de modèle économique en vue. « Hormis le foot, nous avons une offre très cohérente et attractive pour le public, et lorsqu’on examine les résultats du groupe en France et à l’international, en termes de dynamique, il n’y a pas lieu de changer de modèle économique dans les deux années à venir. Donc nous nous concentrons sur ce que nous faisons, et nous préparons un avenir pour Canal qui sera pour nous très positif », a-t-il ajouté.

Pour stopper la fuite de ses abonnés, le groupe a refondu fin 2016 son offre avec un éventail de nouveaux abonnements modulables, mettant fin à son offre unique à environ 40 euros. Il a par ailleurs signé des accords de distribution avec les opérateurs, espérant élargir ainsi sa clientèle.